Le mont Shigi aka la montagne aux tigroux


Le mont Shigi est situé au Sud/Oest de la ville de Nara. Ce mont abrite un complexe de temples bouddhistes et de sanctuaires shintoïstes, dont le plus connu est le Chogosonshi-ji. Le décor est très agréable, entre lanternes de pierre, allées de nobori (ces drapeaux verticaux accrochés à un mât avec une contre tige perpendiculaire), pagode, tahōtō, chemins de torii et surtout d'innombrables statues de tigres, qui sont les gardiens de la montagne.


Pourquoi je suis allée là-bas ?


J'ai appris l'existence du temple aux tigroux grâce à Emi, qui y était allée une journée et avait mis des photos sur son instagram. J'avais tout de suite été séduite par le lieu et l'avais mis sur ma liste. Au départ, on ne devait y passer que la journée, mais en en parlant sur le blog, une lectrice me conseilla plutôt d'y passer la nuit. Je n'ai pas retrouvé le message mais si tu te reconnais, manifeste-toi, que nous puissions ériger un autel à ta gloire tant ce fût une merveilleuse idée.


Ce qu'il y a à voir ?


En amont du voyage, j'avais donc réservé une nuit au temple des tigroux, le Gyokuzo-in. Il y a quelques ryokan juste au pied du temple pour ceux qui préféreraient (pour savoir la différence, je vous laisse aller consulter mon article sur les logements au Japon). J'avais déjà expérimenté la nuit au temple à Koyasan et je n'étais pas tellement motivée pour renouveler l'expérience mais Chacha qui voyageait avec moi ne l'avait jamais fait. Je réservais donc via Booking une chambre pour deux avec petit déjeuné (124€ pour une chambre de trois). Voulant faire des économies de bouts de chandelles, je ne réservais pas le repas du soir (ce qui se révèlera être une connerie...).


Le matin même, nous étions au lac Biwa et dans l'après-midi, nous avons pris la direction du temple des tigroux, qui est à 1h30 d'Osaka dans la province de Nara. Il suffit de prendre le train et le bus, c'est très simple.
Arrivées sur la place, nous commençons à nous balader au milieu des lanternes qui forment des rangs serrés. On se dirige vers le temple afin de poser nos sacs.
Alors que nous arrivons au guichet d'un des temples pour regarder les ema, omikuji et autres goshuin si propres à nous faire craquer, les moines nous demandent si nous passons la nuit ici et devant notre réponse affirmative, nous conduisent au bureau pour le check in. J'appréhendais un peu cette nuit au temple, en fait, depuis Koyasan, j'appréhende toujours un peu quand il s'agit de temples bouddhistes. Mais là, énorme surprise ! Les moines sont adorables avec nous. Ils nous font entrer dans un petit salon et nous servent du thé avec un gâteau pendant qu'ils enregistrent notre check in, nous donnent un plan du temple et nous indiquent où nous logeons et les deux endroits où les cérémonies du lendemain se dérouleront, ainsi que les horaires de celles-ci. Par mégarde, j'avais réservé une chambre pour trois sur Booking, ils pensaient donc que l'on serait trois, mais nous voyant arriver à deux, ils nous ont remboursé la différence.
Un moine nous emmène à notre chambre; il est très drôle et essaie de discuter avec nous dans un mélange anglo-nippon... Pas de doute, nous ne sommes vraiment pas à Koyasan 😂.


Le temps de faire le check in et de poser nos affaires, la nuit est tombée. Nous décidons d'aller manger dans un ramen que j'avais spotté sur google map dans le groupement des rares maisons qui se trouvent au pied du temple. C'est par des chemins complètement vides mais éclairés d'une multitude de lanternes que nous arrivons devant le ramen qui est... fermé !
Et le problème, c'est que c'est le seul restaurant du coin, car la montagne du tigrou c'est, comme on dit chez moi, ravitaillé par les corbeaux. Rien, même pas un konbini (oui, les konbini c'est pas automatique) et s'il y a bien quelques restaurants en journée pour accueillir les touristes, une fois le soir venu, les restaurants des ryokan prennent le relais et il vaut donc mieux avoir choisi l'option demi-pension pour votre nuit sur place!
Un peu honteuses (surtout moi) de s'être fait avoir et ne sachant pas trop s'il fallait retourner voir les moines et leur dire "Ben finalement on va manger chez vous", on tourne un peu entre les différents ryokan et on finit par se faire accepter dans le restaurant de l'un d'entre eux.
On nous apporte une belle carte joliment manuscrite, mais bien entendu, entièrement en japonais et c'est le moment que choisit mon pocket wifi pour dire que finalement, il arrête de bosser. Heureusement, les serveuses me voyant jouer au satellite humain prennent pitié et nous apportent le code wifi de l'hôtel.
On finit par choisir, un peu au pif, deux plats. De la cuisine kaiseki (après tout, nous sommes dans un ryokan) plutôt orientée sashimi. Au final, tout cela sera très bon et on s'en sortira très bien, pour moins de 3000 yens (environs 24,50€) chacune mais voilà, la prochaine fois, on mangera chez les moines.


Une fois le repas fini, on profite enfin du temple qui est tout à nous. Le domaine est immense et regorge de petits temples, d'enfilade de lanternes. On se fait plaisir, photos pose longue, chasse aux chats, déambulation... mais il faut finalement rentrer car la salle de bain commune (non mixte) ferme assez tôt, temple oblige, et le réveil sonnera trop tôt demain matin.


4h20. Le réveil sonne, la tête dans le c**, on s'habille en vitesse pour se rendre à la première cérémonie. Heureusement, le bâtiment où elle a lieu n'est pas très loin de notre logement.
Pour cette première cérémonie, on se retrouve en très petit comité puisqu'il n'y a que nous deux, un autre couple d'occidentaux, une nonne et le prêtre. Ce sera la cérémonie du feu, pendant laquelle il brûle les petites plaquettes en bois que les fidèles ont laissées avec un vœu. C'est la cérémonie la plus "visuelle", surtout quand la fumée des plaquettes de bois s’élève en gros nuage au plafond. On nous invite aussi, si on le souhaite, à nous recueillir à la fin de la cérémonie.


Ensuite, direction le temple principal pour la seconde cérémonie, il fait encore bien nuit. Cette fois-ci, c'est encore plus solennel et... derrière un rideau... Si bien que l'on entend juste les psalmodies des moines et les coups sur le gong.
Alors je pense vraiment que c'est intéressant d'assister au moins une fois à une cérémonie bouddhiste, comme je pense qu'il est toujours intéressant pour notre ouverture d'esprit d'être curieux et d'assister quand on le peut à différentes cérémonies religieuses, peu importe la religion. Mais je ne vais pas vous mentir, ça reste une cérémonie avec un prêtre qui psalmodie des trucs dans une langue que vous ne comprenez absolument pas, avec de temps en temps un coup de gong. Et quand, en plus, c'est derrière un rideau, ça devient vite très difficile de ne pas se mettre à piquer du nez.
D'ailleurs, ce qui m'a principalement maintenue éveillée était de regarder mon voisin assis en seiza (à genoux donc) qui arrivait à s'endormir... en seiza !!! C'était fascinant de le regarder faire.
Une autre cérémonie enchaînait derrière mais nous avons abandonné notre parcours mystique pour aller faire une sieste profane avant le petit-déjeuner.


Le petit-déjeuner est servi à 8h dans une des petites salles à manger du bâtiment où nous avons dormi. Nous ne sommes que 4, avec l'autre couple d'occidentaux. Je ne sais pas vraiment si c'est fait exprès, mais déjà lors de ma nuit au temple à Koyasan, nous n'étions que des étrangers dans la salle à manger, sans aucun Japonais (alors qu'il y en avait qui logeaient au temple, je les avais croisés dans les couloirs). Si ça m'étonne, c'est que ce cas de figure ne m'est jamais arrivé en ryokan.


Une fois nos affaires empaquetées, nous profitons à nouveau de la montagne, mais de jour cette fois-ci. L'occasion de profiter de jour de ce que nous avions expérimenté de nuit. Nous décidons même de monter au sommet de la montagne, en suivant un chemin parsemé de torii. Malheureusement, la météo ce jour-là était brumeuse et fortement humide et la visibilité était quasi nulle. Mais je ne doute pas que l'on doit voir assez loin par beau temps.


Nous restons encore quelques heures sur le site, entre photo et chasse au chat (encore !) mais surtout aux tigres, vu qu'ils sont le symbole du temple et qu'on peut les croiser sous forme de statues de pierre un peu partout et en papier mâché de différentes tailles: ce sont les fameux Tora no hariko, un objet dont je vais vous parler prochainement. Il y en a même un géant à l'entrée du site et un en forme de tunnel dans lequel on peut entrer.
Le tigre est lié à l'histoire du temple; en effet, le prince Shotoku (574-622) vint prier la divinité du temple liée à la guerre, Bishamon-ten (que vous connaissez sans le connaître, vu qu'il fait partit des 7 Dieux du bonheurs, Eva vous en fait une description.) Il lui rendit visite et la divinité lui souffla une stratégie pour le rendre victorieux à coup sûr. Le prince remarqua que la divinité lui était apparue durant l'heure du tigre, le jour du tigre, et l'année du tigre (années du calendrier chinois). Comme le prince remporta la bataille de Shigisan, il décida d'ériger le temple Chogosonshi en l'honneur de Bishamon-ten, et choisit le tigre comme symbole du dieu.


Mon avis


J'ai adoré la montagne des tigroux, comme je l'appelle maintenant. Ce complexe de temples est dans mon top 3 et je pense y retourner lors de mon prochain passage dans le Kansai. Le site est vraiment magnifique avec toutes ses lanternes, ses drapeaux et ses torii. Je ne peux vraiment que vous conseiller de le faire de nuit si vous en avez la possibilité, le dernier bus partant à 19h de la montagne, à moins d'être véhiculé; le plus simple est encore de dormir sur place (en réservant le repas!).
Je sais que ça représente un budget mais si vous souhaitez tester la nuit en temple, ça peut être une très bonne occasion de le faire. Tout le staff et les moines ont été très gentils avec nous. Alors peut-être que le contraste avec ma première expérience (qui a été désastreuse, je crois que vous l'aurez compris) biaise mon jugement, mais je crois que Chacha aussi a bien aimé l'expérience.


Que rapporter ?


Que rapporter de la montagne aux tigrous ? Mais un Tora no hariko, bien sûr !
Il y en a de toutes les tailles. Du plus petit à 700 yens (environs 6€) au plus grand à 7000 yens (environs 57€). On les trouve aussi sous forme arrondie avec un effet culbuto. J'ai également rapporté un ema orné d'un tigre bleu que je trouve magnifique.


Comment se rendre sur place ?


Il existe deux façons simples de se rendre au bas du mont Shigi et donc à l'entrée du complexe des temples.
Il faut vous rendre soit à la gare d'Oji, soit à celle de Shigisanshita (toutes deux à environs 40 minutes d'Osaka station).
Une fois à la gare, il faut prendre le bus numéro 42 (奈良交通). Depuis la gare de Shigisanshita, le trajet met 12 minutes et coûte 270 yens (env. 2,2€). Depuis celle d'Oji, le trajet dure 20 minutes et coûte 370 yens (env. 3€).
Le nom de l'arrêt est 信貴大橋 (Shinki Ohashi) et d'ici vous serez à seulement 4 minutes de l'entrée.
Si vous simulez le trajet sur Google Map, méfiez-vous, il vous fera sûrement prendre le Nishishigi Cable Car, il vous faudra alors marcher 30 minutes ou reprendre un bus.
Je le répète mais n'hésitez pas à vous aider de l'application "Japan Official Travel App" dont je vous explique le fonctionnement dans cet article.
Le bus 42 monte au temple dès 7h22 en semaine et 6h51 les week-end et vacances. Pour repartir le dernier bus est à 19h05 en semaine et 19h16 les week-end et vacances.


Et oui ! Vous ne revez pas ! C'est une nouvelle note, youhou !!! 🎉🎉🎉

8 commentaires:

  1. Il était bien chouette ce temple effectivement !

    RépondreSupprimer
  2. Ca a l'air fichtrement bien sympathique ce site! Je note! Merci ^^

    RépondreSupprimer
  3. Merci beaucoup pour cette présentation, les photos sont superbes et l'ambiance a l'air tellement chouette ! J'adorerais expérimenter une nuit dans un temple, même si je ne sais pas si j'oserais... si j'ose un jour, ce sera sûrement dans celui-ci, l'endroit est magnifique de nuit !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Franchement il n'y a rien de bien différent avec un ryokan, les lieux où l'on dort n'ont rien de solennels, ce sont juste des chambres à tatamis de standing un peu haut de gamme. Le personnel est normal, on croise même des femmes. Le seul truc qui change c'est le couvre feu, les repas végé (quand ils sont respectés) et les cérémonies au temple le matin.

      Supprimer
  4. Bientôt bientôt la petite visite \o/
    Très chouette de relire des articles sur ton blog :)

    RépondreSupprimer

J'aime les commentaires ! Tout lol est le bienvenue (^^)