Ma première expérience en kimono


Porter un kimono est quelque chose que je voulais faire depuis bien longtemps. Mais lors de mon premier séjour au Japon en 2009, je ne savais pas que c'était possible. Pour moi louer un kimono était réservé aux Japonais et uniquement pour de grandes occasions (cérémonie au temple, mariage...) Il faut dire aussi qu'il y avait beaucoup moins de magasins de rental kimono (kimono à louer) que maintenant. Bien sûr, il y en avait, mais ils n'étaient que peu destinés aux touristes.

De retour en 2013, j'ai eu l'occasion de le faire, j'avais même repéré quelques boutiques et j'avais la personne qui parlait japonais sous la main. Mais on était en août et l'idée de porter un kimono par 35 degrés et 70% d'humidité m'a refroidie (je suis si drôle).

Aussi quand Béné, du blog Béné no Fukuoka, m'a proposé de faire un kimono walk avec elle, j'étais aux anges. Enfin j'allais pouvoir essayer le port du Kimono !

Je me permets une petite digression. Si d'habitude j'essaye de vous donner le maximum d'informations sur les lieux où je vais, cet article par contre ne sera que du ressenti de cette expérience. Béné s'étant occupé du programme, des réservations et de la traduction, je n'ai fait que me laisser traîner tel un gros blob.

Pour le récit de notre journée, je vous invite à aller lire l'article de Béné pour lequel j'ai d'ailleurs fait quelques dessins ainsi que son article sur notre croisière sur les canaux de Yanagawa.

La préparation


Dès le petit matin, je file au kombini en bas de la rue m'acheter des épingles à cheveux. Si j'ai pensé à apporter un peu de maquillage histoire de cacher mes cernes de backpackeuse, j'ai complètement oublié de prendre de quoi me coiffer un minimum. Et un kimono met l'accent plutôt sur la nuque, je souhaitais donc relever mes cheveux pour la dégager un maximum.

Après un peu de train, nous arrivons à Yanagawa où nous allons passer la journée et nous filons de suite au magasin de location de kimono où Béné avait réservé. C'est un magasin plutôt vaste et très cosy avec une immense pièce en tatamis. Des kimonos sont exposés de partout ce qui commence à affoler ma passion des motifs japonais.


Le choix du kimono que l'on souhaite louer se fait sur un album photo. Je repère tout de suite un magnifique kimono très design avec des rayures rouges, oui c'est lui que je veux il est trop beau et...
– Pas disponible.
– Ah bon ? Alors celui-ci ?
– Pas disponible non plus ?
– Et lui ?
– Toujours pas ? Dites, c'est un peu lassant... Au cinquième kimono c'est bon, il est disponible. Béné ayant choisi le sien, nous passons à l'habillage.

Dans une pièce tout en longueur dans l'arrière boutique, nous faisons la connaissance de nos habilleuses, une chacune. On dépose nos affaires dans des paniers, comme dans un sentô. Et hop !
Béné qui a l'habitude a tout prévu. Elle portera un petit débardeur et un legging en dessous de son kimono pour contrer le froid de ce mois d'avril qui est encore bien présent.
Moi avec ma tête vide, j'ai pensé à rien, ça fait déjà un mois que je me caille les miches au Japon, continuons sur notre lancée et me voilà en sous-tif/culotte, ce qui étonnera un peu mon habilleuse qui ne s'attendait pas à un tel strip-tease de ma part.

On nous fait d'abord enfiler le juban, qui est un sous kimono et c'est le début du saucissonage.

Car pendant cette partie je me suis rendue compte d'une chose : les Japonais trichent. Bien sûr que les kimonos ont un tombé impeccable, vous verriez le nombre de petites ceintures en tissus qu'il y a là dessous !


Sans parler de celles en élastique avec des pinces à linge à chaque bout qui maintiennent tout cela bien serré. Et le obi qui est toujours super droit, ben c'est plus facile avec une plaque rigide que l'on glisse en dessous. On va aussi vous glisser tout un tas de petites serviettes éponges pour que tout cela soit bien droit.

Oubliez vos fantasmes hentai, un kimono ne doit pas souligner la taille, ni le galbe de la poitrine ou des fesses. Et hors de question de montrer le décolleté, le col sera bien fermé sous le menton. La seule partie sexy, c'est la nuque dégagée, comme je vous en parlais un peu plus haut.

Sachez que louer les kimonos pour la journée et se faire habiller nous coûtera 3240 yens, soit à peu près 25€. J'ai demandé le tarif pour me faire coiffer, mais c'était exactement le même prix 3240 yens aussi, j'ai fait l'impasse sur la coiffure.



Nous sommes enfin habillées, j'ai trouvé ça très rapide, dix bonnes minutes, mais Béné m'a dit qu'en fait, nos habilleuses avaient été plutôt lentes. Il faut dire qu'elles ont beaucoup papoté avec nous. On nous a fait choisir des jolis sacs accordés à nos kimonos, histoire de garder nos affaires. C'est d'ailleurs à ce moment là que je me suis aperçu que j'avais oublié mon appareil photo à mon appart' et que j'ai eu envie de me pendre avec une ceinture. Des tabi et nous voilà parties. Sans oublier de passer d'abord aux toilettes.



Mes impressions


Première constatation en arrivant dehors : « Ah mais il fait froid en fait ! » Ben oui, ma super nuque dégagée dont j'étais si fière, ben je la paye maintenant. Sensation d'ailleurs très étrange d'avoir froid à cet endroit-là.

La suite du programme, c'est balade en bateau sur les canaux de Yanagawa. Tout irait très bien s'il ne s'était pas mis à pleuvoir. On patiente un peu jusqu'à ce que la pluie s'arrête. Certes, les gens du bateau nous distribuent des imperméables transparents un peu rigides, mais non non non, j'ai une super tenue je ne veux pas ressembler à une grosse méduse !


Arrivées à destination, nous visitons une grande maison bourgeoise à l'occidentale dans laquelle il y a une exposition de poupées du Hina Matsuri. Si je n'étais pas très motivée au début, je n'ai pas regretté. Rien que pour le décor, ce qui m'a permis de me rendre compte d'une chose.
 
Lorsque j'avais croisé quelques jours plus tôt à Kyoto des filles en kimono (il faut savoir qu'à Kyoto le rental kimono a explosé, y a des boutiques partout et certaines avec des prix vraiment bas), je m'étais amusée de les voir se prendre en photo devant tout et n'importe quoi. Et si vous êtes dans un temple, c'est quasiment tous les 2m qu'elles s'arrêtent pour faire une photo.
À ce moment-là, ça m'avait fait sourire. Sans me douter que quelques jours plus tard, je serais prise moi-même de la même frénésie de photos. Tout devient prétexte à poser devant et on est toujours à l'affût du moindre lieu un peu sympa pour se faire tirer le portrait.



On croise aussi quelques Japonais qui sont agréablement surpris de voir deux Occidentales en kimono. Surtout que si à Kyoto c'est monnaie courante, ici à Yanagawa, c'est plus rare. Comme Béné explique que c'est une première fois pour moi, on me demande mes impressions, ils sont très curieux de savoir si j'apprécie l'expérience, notamment le patron du restaurant où nous avons mangé. À chaque fois, je dis que je souhaiterais vraiment recommencer, voire casser la tirelire et essayer un kimono beaucoup plus sophistiqué la prochaine fois.


Le retour

Au final nous aurons gardé les kimonos de 11h à 17h. De quoi faire une bonne promenade et prendre assez de photos pour une année de profil Facebook. Je me suis habituée au cour de la journée à marcher à petits pas, les bas de kimono étant très cintrés. J'ai même fini par arrêter de rentrer constamment mon ventre quand Béné m'a fait remarqué que c'était l'avantage des kimonos, on est tellement gainé qu'un relâchement de bidou est invisible. Le déshabillage lui se fait en un clin d’œil. J'ai adoré ma toute première journée en kimono et je n'ai qu'une hâte, c'est recommencer !


Un gros merci à Béné grâce à qui j'ai pu réaliser un de mes souhaits. N'hésitez pas à aller lire son article sur notre journée. Merci à elle aussi d'avoir pris la quasi totalité des photos qui illustrent cet article.

10 commentaires:

GIUSTI Jessica a dit…

Je suis aussi fascinée par les kimonos. ^^ J'en ai trois et j'ai appris à les mettre en regardant des vidéos et en posant des questions à une amie qui vit au Japon. :D Je suis d'ailleurs dans une association sur la culture Japonaise et je m'occupe de la partie traditionnelle (port du kimono ou du yukata, bento, furoshiki que je couds moi-même...). :)

https://lespetitspapiersdemelo.wordpress.com/ a dit…

Toujours de l'humour et au final un article au top qui distille les petits secrets du port du kimono!

Ca donne envie de se joindre à vous et de se balader aussi en kimono!

Eugénie C. a dit…

Hihihi j'ai bien rigolé en te lisant, notamment sur ton strip tease face à notre Béné si aguerrie et bien équipée ! J'ai vraiment trop envie d'essayer, mais je crois que choisir mon kimono serait une tache longue et difficile, en voyant le choix qu'il y a je serais bien embêtée.

Et bravo, tenir de 11h à 17h malgré la fraicheur d'Avril, je salue le triomphe...

Cécile H. a dit…

Génial ton article ; ton style d'écriture est vraiment vivant et sympathique (les illustrations donnent aussi le ton) !!!
Avoir le parallèle avec l'article de Béné c'est top. Vous avez vécu 2 expériences un peu différentes en étant ensemble.
Je crois que je vais me faire un petit plaisir en automne, pendant notre voyage, en portant avec ma fille un kimono à Kyoto ! Vos articles donnent trop envie.

tetoy a dit…

Essayer un kimono et me balader dans les rues je ne sais pas si je serais capable de le faire.
D'un parce qu'il faut arriver à se faire comprendre dans un endroit qui ne m'est absolument pas familié XD
Deux, parce que je serais surement seule à le faire. Du coup ça reste moins marrant...
Mais ça donne quand même envie de tenter l'expérience malgré tout. Avec tous les articles que Béné a fait dessus, on a envie de se lancer dans cette "aventure".
Et parce que les blagues pipi caca me font toujours rigoler... Merci pour l'illustration de la fin de l'habillage.

Camille Gasp a dit…

Chouette article, mais un passage me fait carrément tiquer :
"J'ai même fini par arrêter de rentrer constamment mon ventre quand Béné m'a fait remarqué que c'était l'avantage des kimonos, on est tellement gainé qu'un relâchement de bidou est invisible." : hein ? Quoi ? C'est courant chez les jeunes femmes de rentrer constamment leur ventre ???? Mais c'est pas super désagréable ??????? (Note : je suis moi-même une jeune femme...)

Joranne a dit…

Jessica => Whoua je suis admirative ! Déjà que j'arrive seulement maintenant après 8 ans à enfin mettre mon yukata seule, alors un kimono...

Mélo => Merci (^^).

Eugénie => Oui mon seul regret de cette journée aura été que chaque kimono que je choisissais n'était pas disponible. La tristesse.
Et pour le froid... je crois que c'est un bon résumé de tout ce voyage au Japon, je me suis gelée les miches constamment (bon ok un peu moins vers la fin).

Cécile => Oui c'est vraiment sympa à faire et en automne ce sera vraiment une bonne période. À Kyoto c'est vraiment facile de trouver des magasins de location de kimono et ils parlent anglais. Avec te fille ce sera vraiment un chouette truc à faire.

Tetoy => Oui je comprends ce qui te retiens. J'avais les même appréhensions et j'ai eu vraiment de la chance de pouvoir le faire avec Béné. Et puis c'est bien sympa aussi d'avoir quelqu'un pour prendre des photos (^^).

Camille => Je vois pas ce qui te fait tiquer. J'ai un petit ventre et ça me complexe alors instinctivement je le rentre quand j'ai une tenue un peu sympa, chacun gère ses complexes physiques comme il veut/peut. Je n'ai jamais dit que c'était courant, ni que toutes les jeunes femmes (ou même femmes moins jeunes) le faisaient.

Béné a dit…

Huhuhu, ça m'a rappelé tellement de souvenirs tout ça ! Ce fut une super journée, vivement que tu reviennes qu'on aille voir d'autres endroits.

Maylis a dit…

Je sais pas si c'est le choix des photos, le port du kimono ou tes skills naturels, mais t'as un port de reine. C'te classe.

Mag a dit…

Ahah ! Tu racontes ça avec tellement d'humour c'est top ! Vous êtes superbes en kimono ! Dommage pour tes déceptions de choix au début, mais en tout cas ton 5eme choix est super ^^